Vous le savez ? Vous avez beaucoup de chance. Pour ma part, je n’en ai absolument aucune idée. En fait j'exagère, j'en ai une petite mais pour être tout à fait franc, elle est assez floue.
En même temps, si l'on regarde un peu, ce n'est pas si étonnant. Quel créateur de startup sait exactement où il sera dans 3, 4 ou 5 ans ?
La théorie du business plan nous impose ce schéma, mais tout le monde sait que le BP est plus une réflexion qu'un plan à réaliser à la lettre et qui sera tenu.
Ne nous méprenons pas, j’ai un sens profond de l’objectif et de la performance. Mais "bidouiller" Excel pour créer des prévisions imaginaires n’a rien à voir avec le sens de l’objectif. Tous les entrepreneurs, ou plutôt les jeunes entrepreneurs (dont je fais parti) ont le même réflexe : présenter des chiffres assez ambitieux pour susciter l’intérêt et pas trop mirobolants pour rester crédible.
Ors, les investisseurs s’en fichent plus ou moins. Ils regardent les prévisions en dernier lieu, si l’opportunité les intéresse vraiment. Car ils savent que ce n’est pas le fait de mentionner des chiffres qui permet de les atteindre mais plutôt l’équipe, le produit et le business modèle.
Il se passe tellement de choses dans la vie de l'entreprise : les clients s'approprient le produit et dévoilent de nouveaux usages, le business modèle évolue, de nouveaux gisements de valeurs apparaissent et doivent être exploités.
L'exercice du business plan est un bon exercice car il oblige les fondateurs à sortir un peu la tête du guidon et à collaborer ensemble sur un document fédérateur. Mais soyons honnêtes, rien ne se passera comme prévu et on ne sait pas où l'on sera dans 3 ans.
Lancer une startup peut se résumer à sauter en parachute sans savoir où l'on va attérir. L'essentiel est d'avoir un bon parachute, une bonne vision et un peu de chance.
L'important est de savoir qui nous sommes, pas où nous serons.


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